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Ce site explore les discours de glow up sur TikTok et la manière dont l'algorithme les diffuse et les amplifie auprès des jeunes filles.

À travers une expérimentation menée sur sept jours, il explore la construction progressive d'un fil de recommandations autour de contenus liés à l'amélioration de soi, à l'apparence et aux normes esthétiques. Le projet observe comment ces contenus, initialement dispersés, deviennent progressivement dominants dans l'environnement algorithmique.

L'objectif est de rendre visible la manière dont TikTok ne se contente pas de proposer des contenus, mais participe à la diffusion et à la normalisation de certains discours sur le corps, la réussite et l'identité. Le site rassemble l'ensemble des vidéos collectées durant l'expérience, leurs retranscriptions ainsi qu'une classification des contenus observés.

Louise

Pour cette expérimentation, un personnage fictif nommé Louise a été créé. Louise est une adolescente de 13 ans qui habite à Genève. Elle pratique le volleyball, écoute Angèle, aime les animaux, la mode et rêve d'aller au Japon. Le 2 mai 2026, elle crée son premier compte TikTok sur son iPhone 15 Pro. Les centres d'intérêt attribués à Louise sont inspirés de profils de jeunes utilisatrices de la plateforme. Ce personnage permet d'observer comment les recommandations évoluent lorsqu'une adolescente découvre TikTok pour la première fois. Le choix de ce profil est central dans le projet. Les jeunes filles constituent un public particulièrement exposé aux contenus liés à l'image de soi, à l'apparence et aux injonctions de transformation personnelle diffusées sur les réseaux sociaux.

Paramètres de départ

L'expérience a été réalisée sur un compte TikTok nouvellement créé depuis un téléphone personnel situé en Suisse.

Lors de l'inscription, TikTok demande à l'utilisateur de sélectionner plusieurs centres d'intérêt afin de personnaliser les premières recommandations. Pour cette expérience, les catégories suivantes ont été choisies : Arts créatifs, Mode et beauté, Sport et Voyage.

Ces choix constituent les premiers signaux transmis à l'algorithme avant même le premier visionnage.

D'autres paramètres influencent également les recommandations dès le départ, notamment la localisation géographique, la langue utilisée, l'appareil, ainsi que les données associées au téléphone. L'expérience ne prétend donc pas observer un système neutre, mais documenter la manière dont ces signaux initiaux orientent déjà le type de contenus proposés.

Le protocole

L'expérience s'est déroulée sur une période de sept jours. Chaque jour, une session de quinze minutes était réalisée entre 18h00 et 18h15. Ce créneau a été choisi pour reproduire un moment d'utilisation quotidien courant chez les adolescentes après l'école ou les activités sportives. Les conditions restaient identiques durant toute l'expérience : une session par jour, quinze minutes de consultation, utilisation exclusive de la page « Pour toi », son activé et navigation en conditions normales.

Le premier jour consistait en une observation du fil sans interaction volontaire. Les jours suivants, des interactions progressives ont été introduites sous forme de temps de visionnage plus longs et de mentions « j'aime ». Les premiers likes concernaient des contenus liés aux centres d'intérêt généraux de Louise (animaux, humour, divertissement). Progressivement, l'attention s'est déplacée vers des contenus liés à la mode, à la beauté, aux routines et aux conseils d'amélioration personnelle, jusqu'aux vidéos de type glow up. Au fil des jours, le fil de recommandations devient progressivement plus homogène. Les contenus liés à l'apparence, aux routines esthétiques et aux promesses de transformation personnelle occupent une place dominante.

Une critique du glow up

À l'origine, l'idée du glow up repose sur une dynamique positive : prendre soin de soi, évoluer et développer son potentiel. Sur les réseaux sociaux, cette logique se transforme cependant en injonction permanente à l'amélioration.

Les contenus observés dans cette expérimentation reproduisent fréquemment les mêmes mécanismes : avant/après spectaculaires, conseils rapides, routines optimisées et promesses de transformation accélérée. Le changement devient une obligation visible plutôt qu'un processus personnel.

Ce phénomène est renforcé par l'algorithme. À mesure que l'utilisateur interagit avec ce type de contenus, ceux-ci deviennent de plus en plus présents dans le fil de recommandations. Les mêmes discours, esthétiques et promesses se répètent, donnant l'impression qu'il n'existe qu'une seule manière de devenir « la meilleure version de soi-même ».

Cette question est d'autant plus importante que le compte étudié est celui d'une adolescente de 13 ans. À cet âge, la construction de l'identité, du rapport au corps et de l'image de soi est encore en développement. Les contenus de glow up ne sont alors pas seulement des conseils ou du divertissement : ils participent à la formation de normes sur ce qui est considéré comme beau, désirable ou réussi. Les vidéos observées associent souvent amélioration personnelle, transformation physique et réussite sociale. Elles valorisent des changements visibles et rapides, tout en laissant peu de place aux processus réels, souvent plus lents et complexes.

À cela s'ajoute une forte dimension consumériste. Le glow up est régulièrement présenté comme accessible par l'achat de produits, d'accessoires ou de routines spécifiques. Le progrès personnel est alors partiellement déplacé vers une logique de consommation. Les tendances comme la clean girl aesthetic ou that girl participent également à l'uniformisation des représentations. Elles proposent une vision très codifiée du bien-être et de la réussite, associée à des standards esthétiques, sociaux et culturels spécifiques.

Le projet ne cherche pas à condamner le désir de transformation personnelle, mais à analyser la manière dont les plateformes participent à la diffusion, la répétition et la normalisation de certains discours. Les réseaux sociaux ne créent pas ces injonctions, mais ils les amplifient et les rendent structurellement omniprésentes.

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Résultats de catégorisation
Jours d'observation
Louise Dos Santos
13 ans
@louisedossantos55
05.01.2013

Louise habite à Genève, aime le volleyball, Angèle, les animaux, la mode et rêve d’aller au Japon. Le 2 mars, ses parents la laissent enfin créer son premier compte Tiktok sur son iPhone 15 Pro.

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